
Pour une entreprise qui s’implante en Espagne, le bail commercial constitue un élément important de son projet d’implantation. En matière de baux commerciaux, le droit espagnol laisse une grande place à la liberté contractuelle.
Les baux commerciaux sont principalement régis par la Ley 29/1994, de 24 de noviembre, de Arrendamientos Urbanos (L.A.U.). En droit espagnol, ils relèvent de la catégorie des « arrendamientos para uso distinto del de vivienda », qui comprend notamment les locaux destinés à une activité commerciale ou professionnelle.
Sous réserve de certaines règles impératives, les parties sont libres de définir les principales conditions du bail. À défaut de dispositions convenues entre elles, les règles prévues par la L.A.U. s’appliquent et, à titre supplétif, celles du Code civil.
Cette souplesse peut constituer un véritable avantage, à condition d’anticiper les principaux enjeux contractuels.
En Espagne, la durée du bail commercial est librement déterminée par les parties, ce qui permet de l’adapter à la nature de l’activité exercée dans les locaux — bureaux, commerce, activité professionnelle ou autre usage — ainsi qu’aux besoins propres à chaque projet.
Les parties peuvent ainsi prévoir une durée initiale d’engagement ferme, tout en aménageant contractuellement des possibilités de résiliation anticipée au bénéfice du preneur, selon les conditions et préavis prévus au contrat.
👉 La durée du bail, les conditions de sortie du preneur et les modalités de renouvellement font donc des éléments essentiels à négocier avant la signature.
Le montant du loyer est librement fixé entre les parties, de même que ses modalités d’actualisation, notamment en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC).
La répartition des charges, travaux et frais liés au local est également largement laissée à la négociation des parties. Les baux de type « triple net » sont également fréquents en Espagne.
Pour un bail commercial, le preneur doit verser une garantie (« fianza ») équivalente à deux mensualités de loyer.
Selon la région (« comunidad autónoma ») dans laquelle se situe le local, le bailleur est également tenu de déposer cette garantie auprès de l’organisme régional compétent, notamment à Madrid et en Catalogne.
Des garanties supplémentaires, telles qu’une garantie bancaire ou une caution, peuvent également être prévues dans le contrat.
Sauf stipulation contractuelle contraire, la L.A.U. permet, lorsque le local est affecté à une activité professionnelle ou commerciale, au locataire de céder le bail ou de sous-louer le local sans l’autorisation préalable du bailleur.
En contrepartie, le bailleur a droit à une augmentation de 10 % du loyer en cas de sous-location partielle et de 20 % en cas de cession du contrat ou de sous-location totale du local.
La cession ou la sous-location doit par ailleurs être notifiée formellement au bailleur dans un délai d’un mois à compter de sa conclusion.
👉 Les conditions de cession et de sous-location constituent donc des éléments importants à anticiper et, le cas échéant, à aménager contractuellement dès la signature du bail.
Dans certaines situations, le locataire peut bénéficier d’une indemnisation à l’expiration du bail.
La L.A.U. prévoit, sous certaines conditions, un droit à indemnisation au profit du locataire à l’issue du bail, notamment lorsqu’une activité commerciale de vente au public a été exercée dans les locaux pendant les cinq dernières années et que certaines conditions relatives au renouvellement du bail sont réunies.
Les conditions d’application de ce dispositif étant particulièrement encadrées, elles doivent être appréciées au cas par cas.
Le bail commercial doit faire l’objet d’une rédaction particulièrement précise, d’autant que les parties disposent d’une grande liberté pour en définir les modalités.
Le contrat doit notamment préciser clairement :
La liberté contractuelle constitue ainsi à la fois une souplesse et un enjeu majeur pour le preneur, les stipulations négociées au moment de la signature pouvant avoir des conséquences importantes pendant toute la durée du bail.
La liberté contractuelle offre un véritable avantage pour une entreprise : un bail commercial espagnol peut être adapté précisément à son activité et à sa stratégie d’implantation.
Mais cette liberté implique également d’identifier les clauses essentielles et de les négocier avant la signature, afin d’éviter que des conditions contractuelles inadaptées ne limitent par la suite la flexibilité de l’entreprise.
Me Marina Nicolas accompagne les entreprises françaises et étrangères dans la négociation, la rédaction et le suivi de leurs baux commerciaux en Espagne, dans le cadre de leur implantation ou du développement de leur activité.
Vous envisagez de louer un local commercial ou des bureaux en Espagne ? Contactez-nous pour sécuriser votre projet d’implantation.
______________________
Cet article est fourni à titre informatif et ne saurait se substituer à un conseil juridique personnalisé, adapté à votre situation.