Contrat d’arrhes en Espagne : pourquoi consulter un avocat ?

9 juillet, 2026

Villa en Espagne construite sur un terrain classé en zone rustique

🔸 Le contrat d’arrhes en Espagne : une étape déterminante de l’acquisition

L’acquisition d’un bien immobilier en Espagne débute souvent par la signature d’une offre d’achat (ou contrat de réservation) puis, dans la plupart des cas, par la signature d’un contrat d’arrhes (« contrato de arras penitenciales »), véritable précontrat conclu sous seing privé, c’est-à-dire sans l’intervention du notaire.

Le contrat d’arrhes est habituellement présenté à l’acquéreur comme une simple formalité afin de réserver le bien, alors qu’il constitue un engagement juridique susceptible d’avoir des conséquences financières importantes.

En pratique, le contrat d’arrhes est généralement rédigé par le vendeur ou par l’intermédiaire immobilier. Il est donc rarement conçu pour protéger les intérêts de l’acquéreur. D’où l’importance de le faire analyser et, le cas échéant, négocier avant toute signature.

🔸Le contrat d’arrhes peut-il présenter des risques pour l’acquéreur ?

Prenons l’exemple d’un acquéreur souhaitant acheter une villa construite sur un terrain classé en zone rustique (non urbanisable), afin d’y exercer une activité de location touristique.

Dans la majorité des cas, le contrat d’arrhes sera rédigé succinctement (et principalement dans l’intérêt du vendeur) et prévoira que :

  • L’acquéreur verse habituellement 10 % du prix de vente (les arrhes) directement sur le compte du vendeur ;
  • si l’acquéreur renonce à l’acquisition pour une raison qui lui est imputable, il perdra les arrhes versées au titre d’indemnité ;
  • À l’inverse, si le vendeur refuse finalement de vendre, il doit restituer les arrhes au double, au même titre.

Ce mécanisme est parfaitement admis par le droit espagnol. En pratique, les difficultés naissent surtout du contenu du contrat d’arrhes.

En effet, ce type de contrat omet fréquemment certaines clauses essentielles à la protection de l’acquéreur, telles que :

  • L’obtention préalable de financement ;
  • La vérification de la possibilité d’exercer une activité de location touristique, un aspect fondamental si le bien est acquis exclusivement pour cette finalité ;
  • La vérification de la situation juridique et urbanistique du bien immobilier, analyse d’autant plus importante si le bien est situé sur un terrain classé en zone rustique.

En l’absence de ce type de clause dans le contrat, l’acquéreur risque de ne pas pouvoir renoncer à l’achat sans perdre les 10 % déjà versés si ces conditions suspensives ne sont pas réunies.

🔸Pourquoi le notaire espagnol ne réalise-t-il pas ces vérifications ?

Il faut savoir que, contrairement au système français, le notaire en Espagne n’intervient généralement pas dans la phase de négociation et de sécurisation juridique de l’acquisition. Il ne procède pas aux vérifications juridiques et urbanistiques complètes du bien, n’intervient pas dans la rédaction des précontrats et ne participe pas à la sécurisation des paiements.

Pour une présentation plus complète du déroulement d’une acquisition immobilière en Espagne, du rôle respectif de l’avocat et du notaire, ainsi que des principales vérifications à effectuer avant la signature de l’acte authentique, nous vous invitons à consulter notre article : « Achat immobilier en Espagne : pourquoi l’avocat est indispensable ».

C’est précisément là que l’intervention d’un avocat en droit immobilier est essentielle.

Celui-ci procède notamment à l’audit juridique du bien, vérifie sa situation urbanistique, analyse les documents remis par le vendeur et négocie, lorsque cela est nécessaire, les clauses du contrat d’arrhes afin de protéger les intérêts de son client.

🔸Le rôle de l’avocat dans la sécurisation de l’acquisition

Dans le cadre de l’acquisition d’une villa, la mission de l’avocat consistera notamment à vérifier :

✔️ la légalité des constructions existantes afin de prévenir tout risque de sanction ou d’injonction administrative ;

✔️ les limitations concernant les travaux ou les extensions autorisés si le terrain est qualifié rustique ou sous un régime de protection particulière ;

✔️ la possibilité d’obtenir une licence de location touristique lorsque le projet de l’acquéreur est destiné à un investissement locatif

✔️ la rédaction du contrat d’arrhes afin d’y intégrer des conditions suspensives (obtention du financement, conformité urbanistique, absence d’irrégularités, etc.).

✔️ la sécurisation du versement des arrhes ainsi que les modalités de leur restitution.

Grâce à ces précautions, l’acquéreur pourra, si une difficulté est découverte lors des vérifications, renoncer à l’opération ou négocier avec le vendeur leur mise en conformité dans des conditions prévues par le contrat, sans supporter les conséquences financières d’une rédaction insuffisamment protectrice.

🔸En conclusion

En Espagne, la sécurisation d’une acquisition immobilière ne commence pas chez le notaire.

Elle commence avant même la signature du premier document.

Le contrat d’arrhes n’est pas une simple formalité. Il constitue un engagement juridique qui mérite une analyse approfondie, en particulier lorsque le bien présente des spécificités urbanistiques, comme c’est souvent le cas des villas construites sur des terrains classés en zone rustique.

Quelques heures d’analyse juridique avant la signature d’un contrat d’arrhes peuvent éviter des conséquences financières particulièrement importantes.

Être accompagné par un avocat en droit immobilier espagnol dès le début du projet permet de sécuriser l’opération, de négocier les clauses essentielles et d’éviter des conséquences financières parfois très importantes.

Vous envisagez un achat immobilier en Espagne ?

Le cabinet M. Nicolas Abogados vous accompagne à chaque étape de votre projet, afin d’en garantir la sécurité juridique et d’en maîtriser les risques. Basé à Barcelone, le cabinet intervient sur l’ensemble du territoire espagnol.