
Au-delà des considérations juridiques, les successions s’inscrivent dans un contexte personnel marqué par la disparition d’un proche, où les démarches administratives, bien que nécessaires, peinent légitimement à s’imposer comme une priorité.
Cette situation se complexifie lorsque le défunt, résident en France, laissait un patrimoine composé de biens situés en Espagne (biens immobiliers, comptes bancaires, etc.). Le réflexe des héritiers est alors naturellement de se rapprocher de leur notaire en France afin d’y régler la succession, conformément à la loi applicable[1] (en pratique, le plus souvent la loi française).
La question du sort des biens situés en Espagne demeure toutefois, le plus souvent, en suspens. Elle n’émerge que dans un second temps, notamment lorsque les héritiers envisagent de mettre fin à l’indivision ou de procéder à la mise en vente du bien.
C’est à ce stade qu’apparaît une difficulté fréquente : les héritiers constatent que la transmission de propriété n’a pas produit ses effets en Espagne, notamment s’agissant des biens immobiliers, qui demeurent inscrits au Registre de la Propriété espagnol au nom du défunt.
Le présent article a pour objet de présenter, de manière synthétique, les démarches à accomplir en Espagne afin de régulariser la situation et de permettre aux héritiers de disposer pleinement des biens[2].
Pour pouvoir disposer des biens situés en Espagne, les héritiers doivent procéder à une déclaration de succession devant un notaire espagnol qui reprendra la dévolution successorale établie en France.
Ce qu’il faut savoir :
Le rôle du notaire espagnol diffère sensiblement de celui du notaire français : il intervient peu dans la préparation du dossier en amont, cette mission étant généralement confiée aux avocats.
Dans ce contexte, les héritiers doivent notamment [3]:
Aux fins de vérification, le notaire espagnol exigera également :
L’Espagne se caractérise par un formalisme important : toute délégation de démarches (obtention du NIE, démarches bancaires, signature de l’acte) doit être réalisée au moyen d’une procuration notariée, apostillée et accompagnée d’une traduction assermentée.
La déclaration de la succession en Espagne requiert l’obtention préalable, pour chaque héritier non-résident, d’un numéro d’identification des étrangers en Espagne (Número de Identidad de Extranjero – NIE).
Ce numéro est indispensable pour :
Nous vous invitons à consulter notre article dédié : Le NIE / NIF en Espagne : à quoi servent-ils et comment les obtenir ?
Une fois le dossier constitué, le notaire espagnol établit un projet d’acte authentique de déclaration de succession relatif aux biens situés en Espagne.
Cet acte peut être signé :
La régularisation de la succession en Espagne s’accompagne d’obligations fiscales spécifiques :
⚠️ Le non-respect des délais entraîne l’application de majorations et d’intérêts de retard.
La préparation de la déclaration de succession en Espagne gagne à être anticipée et menée en parallèle des démarches réalisées en France, afin de sécuriser le traitement du dossier et d’éviter toute difficulté ultérieure.
Vous êtes confronté à une succession impliquant des biens en Espagne ?
Notre cabinet accompagne ses clients dans la régularisation des successions transfrontalières, y compris à distance, en lien étroit avec les notaires français, afin de sécuriser chaque étape et de garantir la pleine effectivité des droits des héritiers.
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[1] Lorsque la loi française est applicable, conformément au Règlement (UE) n° 650/2012 du 4 juillet 2012 ;
[2] Cet article est fourni à titre informatif et ne saurait se substituer à un conseil juridique personnalisé, adapté à votre situation.
[3] Liste non exhaustive. Dans le cadre de votre dossier, les différents intervenants (établissements bancaires, le notaire, le Registre de la Propriété) sont susceptibles de demander davantage d’informations et de documents.